Taxe sur les plus-values financières : la circulaire du 22 juillet apporte enfin des réponses concrètes
La nouvelle taxation des plus-values sur les actifs financiers est entrée en vigueur au 1er janvier 2026. Avec la publication de la circulaire 2026/C/74 le 22 juillet dernier, l’administration fiscale apporte désormais de nombreuses précisions sur la manière dont cette nouvelle réglementation doit être appliquée.
Pour les dirigeants d’entreprise, entrepreneurs et investisseurs disposant d’un patrimoine financier conséquent, cette réforme mérite une attention particulière. Elle peut en effet avoir un impact significatif sur la fiscalité de vos investissements privés, mais également sur certaines opérations portant sur les actions de votre société.
Une nouvelle taxe applicable depuis le 1er janvier 2026
Depuis le 1er janvier 2026, les plus-values réalisées par des personnes physiques sur certains actifs financiers sont, en principe, soumises à une nouvelle taxation.
Le principe est relativement simple : lorsqu'un actif financier est vendu avec une plus-value, celle-ci peut désormais être imposable.
Sont notamment concernés
- les actions cotées et non cotées ;
- les obligations ;
- les ETF et fonds d’investissement ;
- certains produits dérivés ;
- les contrats d’assurance-vie et produits d’investissement ;
- les cryptomonnaies ;
- l’or d’investissement et certains autres actifs financiers.
La taxation vise les opérations réalisées dans le cadre de la gestion normale du patrimoine privé, en dehors d'une activité professionnelle.
Attention : le nouveau régime ne signifie donc pas que toutes les plus-values sont automatiquement taxées au même taux.
La circulaire 2026/C/74 distingue en effet plusieurs régimes.
Trois régimes fiscaux à distinguer
L'une des principales difficultés de cette nouvelle réglementation réside dans le fait que le taux d'imposition dépend notamment de la nature de l'opération et de la participation concernée.
1. Les plus-values internes : une attention particulière pour les dirigeants
Le premier régime concerne notamment certaines cessions d'actions à une société contrôlée par le contribuable ou par celui-ci avec des membres de sa famille.
Ces opérations peuvent notamment concerner des entrepreneurs qui souhaitent réorganiser leur patrimoine ou leur structure de détention en utilisant une holding.
Dans certaines situations, la plus-value relève du régime des plus-values internes, avec une taxation de 33 %.
C'est un point particulièrement important pour les dirigeants qui envisagent une restructuration de leur patrimoine professionnel et privé.
Une opération qui pouvait auparavant être envisagée principalement sous l'angle juridique ou patrimonial doit désormais également être analysée sous l'angle de cette nouvelle fiscalité.
2. Les participations substantielles : un régime spécifique
Le deuxième régime concerne les contribuables qui détiennent une participation importante dans une société.
L'hypothèse qui pourrait principalement vous concerner serait celle de la revente des actions de votre société à un tiers.
Le seuil de référence est notamment fixé à 20 % des droits dans le capital dans les conditions prévues par la réglementation.
Le régime prévoit une taxation progressive en fonction du montant de la plus-value, avec un système d'exonération particulièrement important pouvant atteindre 1 million d'euros sur une période de cinq périodes imposables consécutives.
Pour un entrepreneur qui envisage de vendre tout ou partie de son entreprise, cette règle peut donc devenir un élément déterminant dans la planification de la cession.
La question n'est plus uniquement :
« Combien vaut mon entreprise ? »
mais également :
« Quel sera le traitement fiscal de la plus-value et comment structurer la cession de manière optimale ? »
3. Le régime général : 10 % sur les autres actifs financiers
Le troisième régime constitue le régime général et résiduaire.
Il concerne notamment les plus-values réalisées sur les autres actifs financiers qui ne relèvent pas des deux catégories précédentes.
Le taux est fixé à 10 %.
Une exonération annuelle est toutefois prévue. Pour l'exercice d'imposition 2027, la première tranche de 10.000 € de plus-values réalisées bénéficie ainsi d'une exonération. Un mécanisme permet également, sous certaines conditions, de reporter une partie de l'exonération non utilisée, avec un plafond pouvant atteindre 15.000 €.
Pour les investisseurs privés, ce mécanisme peut donc avoir une influence sur le calendrier de réalisation des plus-values.
Qu'en est-il des plus-values réalisées avant 2026 ?
C'est une question essentielle pour les contribuables qui disposent déjà d'un portefeuille d'investissements important. La nouvelle taxe ne vise pas, en principe, la plus-value constituée avant le 1er janvier 2026. Pour les actifs acquis avant cette date, le système repose notamment sur une valeur de référence au 31 décembre 2025. Concrètement, lors de la vente d'un actif en 2026 ou ultérieurement, la comparaison ne se fait donc pas nécessairement avec le prix d'achat historique.
Exemple simplifié :
Vous avez acheté des actions pour 100.000 € il y a plusieurs années. Au 31 décembre 2025, ces actions valent 180.000 €. Vous les revendez en 2026 pour 220.000 €. Dans cette situation, la plus-value fiscale sera en principe déterminée à partir de la valeur de référence de 180.000 €, et non du prix d'achat initial de 100.000 €. La plus-value imposable sera donc de 40.000 €, et non de 120.000 €.
Ce mécanisme vise à préserver la plus-value constituée avant l'entrée en vigueur de la nouvelle taxation.

Le calcul de la plus-value : plusieurs subtilités à connaître
La circulaire apporte également des précisions importantes sur le calcul de la base imposable.
Elle traite notamment :
- de la détermination de la valeur d'acquisition ;
- de la valeur de référence au 31 décembre 2025 ;
- des plus-values historiques ;
- des moins-values ;
- de la méthode FIFO pour certains actifs identiques ;
- des assurances d'épargne et d'investissement ;
- des actifs non cotés ;
- des transferts d'actifs ;
- et des conséquences fiscales d'un départ de Belgique.
Les moins-values peuvent, sous certaines conditions, être prises en compte pour déterminer la plus-value nette imposable. Elles ne peuvent toutefois pas être utilisées sans limite pour réduire d'autres revenus ou être reportées indéfiniment.
Pour les patrimoines financiers importants, la conservation d'une documentation précise sur les acquisitions, les valorisations et les opérations réalisées devient donc particulièrement importante.
Une attention particulière pour les dirigeants qui détiennent des actions de leur entreprise
Pour un dirigeant d'entreprise, la nouvelle réglementation peut avoir une importance bien plus large que la simple taxation d'un portefeuille boursier.
Prenons le cas d'un entrepreneur qui détient personnellement les actions de sa société et envisage :
- une vente de son entreprise ;
- une transmission familiale ;
- la création ou l'utilisation d'une holding ;
- une réorganisation de son patrimoine ;
- une donation suivie d'une éventuelle cession ;
- ou encore un départ à l'étranger.
Le traitement fiscal de l'opération doit désormais être étudié en amont.
Une opération juridiquement possible n'est pas nécessairement une opération fiscalement neutre.
La circulaire rappelle notamment l'importance des règles anti-abus et apporte des précisions sur certaines opérations réalisées entre un contribuable et des sociétés qu'il contrôle.
Que se passe-t-il en cas de départ de Belgique ?
La réforme comporte également un mécanisme d'exit tax dans certaines situations.
Le départ de Belgique peut, dans certaines circonstances, entraîner une taxation sur une plus-value qui n'a pas encore été effectivement réalisée.
Des mécanismes de report du paiement existent notamment lorsque le contribuable s'installe dans un État membre de l'Union européenne, de l'Espace économique européen ou dans certains États liés à la Belgique par une convention répondant aux conditions prévues par la loi.
Pour un dirigeant envisageant une expatriation, cette question mérite donc d'être analysée avant le départ, et non après.
Pourquoi cette réforme est particulièrement importante pour les hauts patrimoines ?
Pour un contribuable disposant d'un portefeuille financier limité, l'exonération annuelle peut absorber une partie importante des plus-values réalisées.
La situation est différente pour un dirigeant ou un entrepreneur disposant :
- d'un portefeuille d'investissement conséquent ;
- de participations dans plusieurs sociétés ;
- d'une société holding ;
- d'actions non cotées ;
- de contrats d'assurance-vie ;
- d'actifs financiers à l'étranger ;
- ou d'un projet de cession ou de transmission.
Dans ces situations, la planification fiscale et patrimoniale devient essentielle.
Le moment auquel une plus-value est réalisée, la manière dont les actifs sont détenus, la structure de participation, le calendrier d'une cession ou encore la situation fiscale du contribuable peuvent désormais avoir des conséquences importantes.
Que faire concrètement en 2026 ?

La publication de la circulaire est surtout l'occasion pour les investisseurs et dirigeants de faire le point sur leur situation.
Nous recommandons notamment de :
1. Faire l'inventaire de vos actifs financiers
Actions, ETF, obligations, assurances, cryptomonnaies, participations dans des sociétés… Il est important d'identifier les actifs susceptibles d'entrer dans le champ de la nouvelle taxe.
2. Vérifier les valeurs au 31 décembre 2025
Pour les actifs détenus avant 2026, cette date constitue une référence essentielle pour déterminer la plus-value future.
3. Identifier vos participations importantes
Si vous détenez une participation significative dans une société, le régime applicable peut être très différent du taux général de 10 %.
4. Anticiper les opérations importantes
Cession d'entreprise, réorganisation avec une holding, transmission familiale, donation, expatriation : ces opérations méritent une analyse fiscale avant leur réalisation.
5. Ne pas raisonner uniquement en termes de taux d'imposition
La question n'est pas simplement la détermination du taux de taxation applicable à la plus-value.
Il faut également déterminer quel régime s'applique, quelle exonération peut être utilisée, quelle valeur d'acquisition doit être retenue et quelles conséquences peuvent découler de la structure de détention.
Une réforme qui nécessite une véritable analyse patrimoniale
La publication ce 22 juillet de la circulaire 2026/C/74 constitue une étape importante : elle apporte de nombreuses précisions sur l'application pratique de la nouvelle taxe sur les plus-values financières.
Mais elle confirme également une chose : la fiscalité des investissements privés devient plus technique et plus étroitement liée à la situation patrimoniale et professionnelle du contribuable.
Pour les dirigeants d'entreprise et les entrepreneurs disposant d'un patrimoine important, il est donc pertinent de ne pas attendre la prochaine déclaration fiscale pour analyser les conséquences de la réforme.
Une cession, une restructuration ou une transmission importante se prépare en amont.
Notre cabinet, spécialisé en comptabilité, fiscalité et accompagnement juridique des entreprises et de leurs dirigeants à Charleroi et en Wallonie, peut vous accompagner dans l'analyse de votre situation et dans l'anticipation des conséquences fiscales de vos opérations patrimoniales.
Vous êtes dirigeant d'entreprise et détenez des investissements ou des participations importantes ?
La publication ce 22 juillet de la circulaire 2026/C/74 constitue une étape importante : elle apporte de nombreuses précisions sur l'application pratique de la nouvelle taxe sur les plus-values financières.
Mais elle confirme également une chose : la fiscalité des investissements privés devient plus technique et plus étroitement liée à la situation patrimoniale et professionnelle du contribuable.
Pour les dirigeants d'entreprise et les entrepreneurs disposant d'un patrimoine important, il est donc pertinent de ne pas attendre la prochaine déclaration fiscale pour analyser les conséquences de la réforme.
Une cession, une restructuration ou une transmission importante se prépare en amont.
Notre cabinet, spécialisé en comptabilité, fiscalité et accompagnement juridique des entreprises et de leurs dirigeants à Charleroi et en Wallonie, peut vous accompagner dans l'analyse de votre situation et dans l'anticipation des conséquences fiscales de vos opérations patrimoniales.
Vous êtes dirigeant d'entreprise et détenez des investissements ou des participations importantes ?
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